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[Qualité de l'air / Dossier porcheries]

Un exemple à ne pas suivre : la porcherie d'Ittenheim

Les porcheries industrielles d'Alsace

Ainsi que la presse nous en informe régulièrement, des projets de porcheries industrielles menacent l'environnement alsacien : à Ittenheim, à Hurtigheim, à Schnersheim, à Wintzenbach, à Baldenheim , etc. Il s'agit d'établissements de capacité relativement importante, entre 1.500 et 4.000 porcs où les animaux sont élevés en batteries dans des conditions indignes de notre civilisation. En outre, ces élevages génèrent des nuisances olfactives et des pollutions des sols, des rivières et de la nappe phréatique considérables et pratiquement impossibles à éliminer pour ces dernières. On sait combien la situation est grave en Bretagne où pratiquement toutes les rivières sont atteintes et où la population ne peut plus utiliser l'eau du robinet pour l'alimentation. On ne sait pas assez que la nappe phréatique rhénane se détériore au fil des ans à cause des excès de nitrates et de pesticides et que bientôt nous ne pourrons plus boire son eau sans traitements. On a aussi à l'esprit à quoi conduit cette agriculture industrielle quand on voit les résultats dans le domaine des bovins.

Un projet de porcherie à Ittenheim, le Domaine de la famille Litt, nous  concerne directement puisque que les installations sont très proches de nos villages et que le plan d'épandage prévu en 2008, et dont nous avons eu connaissance, encerclait Achenheim et Oberschaeffolsheim. D'une capacité de 2.300 places, elle venait en addition à la porcherie existante 950 places.

Malgré une forte mobilisation des élus (les conseils municipaux d'Ittenheim et des villages avoisinants ont pour la plupart voté des motions contre ce projet), des populations et des associations, l'enquête d'utilité publique, d'une partialité honteuse, avait émis des conclusions favorables. Les responsables politiques avaient cependant réussi à convaincre le représentant de l'Etat, à qui revient la décision finale, de traiter le projet en accord avec les sensibilités exprimées. A la faveur de l'été 1999 et de mouvements préfectoraux, les lobbies avaient réussi à faire signer ce dossier par le Préfet par intérim donnant ainsi l'autorisation d'exploitation. La Mairie d'Ittenheim qui ne veut pas de cette nouvelle installation a refusé le permis de construire mais a été condamnée par le Tribunal Administratif de Nancy à annuler cette décision. Ayant fait appel de ce jugement et refusant ainsi de donner ce permis, elle a vu l'agriculteur porteur du projet déposer une nouvelle demande de permis de construire.

ARBRES est intervenue avec l'appui d'Alsace Nature pour soutenir l'association ALIZE (Ackerland Lisier Zéro, créée par les habitants de Ittenheim et Hurtigheim pour s'opposer à ce projet) sur le plan juridique. L'étude des documents a montré que le projet ne permettait pas d'engager un contentieux tant le dossier avait été préparé avec minutie, respectant à la lettre les réglementations en vigueur (très favorable aux lobbies agricoles). Alsace Nature a donc suggéré au maire d'Ittenheim de rechercher les failles du côté du permis de construire. Ainsi, au cours de l'instruction de la deuxième demande de permis, des insuffisances notoires pour justifier un nouveau refus, ont été relevées (débit insuffisant du réseau d'incendie et non-respect de la distance réglementaire minimale avec la porcherie existante). Le projet paraît donc arrêté et nous espérons que cela laissera suffisamment de temps pour que, suite à la sensibilisation toujours plus grande à ces problèmes et sous la pression des associations, la réglementation évolue de telle manière que ce type de porcheries industrielles ne puissent plus être autorisées.

Le combat d'A.R.B.R.E.S.

Lorsque vous vous rendez d'Achenheim à Ittenheim vous la sentez avant de la voir, même avec les vitres de la voiture fermées. Il s'agit bien sûr de la porcherie d'Ittenheim dont les effluves vous chatouillent désagréablement les narines. Pour peu que souffle le vent du nord ces odeurs arrivent jusqu'aux nez des habitants des premiers lotissements d'Achenheim et de Breuschwickersheim. Mais la plupart du temps ce sont les gens d'Ittenheim qui dégustent.

Dès octobre 1996 à la suite d'une plainte de l'un de nos adhérents nous avons été amenés à nous intéresser à cette entreprise créée en 1987. D'après les renseignements alors recueillis auprès de la DRIRE c'était une entreprise exemplaire pour son hygiène et sa salubrité. Par ailleurs nous avions également étudié le dossier d'impact de cette installation classée afin d'évaluer les nuisances occasionnées par un projet d'extension et ce, bien que l'enquête ait déjà été close à ce moment-là. En réalité, il s'agissait non d'une extension mais de la construction prévue par le fils d'une nouvelle porcherie de 2290 places à côté de l'élevage de 945 porcs exploité par le père. De nombreuses protestations se sont alors élevées. Dans sa séance du 20 avril 1998 le conseil municipal d'Ittenheim s'était prononcé contre ce projet (par 15 voix contre 3); il avait été suivi le 22 juin de la même année par les conseillers d'Achenheim qui avaient ajouté dans leur délibération qu'ils seraient prêts à entreprendre toutes démarches et toutes actions pour protéger la qualité de vie dans leur village. Malgré cette opposition unanime des élus le Bureau de l'environnement et de l'urbanisme de la Préfecture du Bas-Rhin, profitant de la chaleur et de la quiétude des vacances de l'été 1999 et n'escomptant sans doute aucune réaction, a autorisé le fils en question à exploiter un élevage de 1376 porcs de plus de 30 kg à Ittenheim (arrêté du 27 juillet et avis publié le 6 août dans les DNA) .

La suite de ce feuilleton vous la trouverez dans l'article "Le coup bas de la Préfecture" d'
ARBRES Infos n° 11 d'octobre 1999. Si encore il n'était question que de nuisances olfactives, mais il faut aussi se débarrasser du lisier et les zones d'épandage sont principalement situées sur le ban d'Achenheim et d'Oberschaeffolsheim, grâce à l'accord donné par quelques exploitants agricoles, avec tous les risques de pollution de la nappe phréatique que comporte un tel épandage. Les habitants des villages, surtout ceux situés en bordure de village subiront non seulement tous les pesticides cancérigènes répandus sur les champs mais aussi de plus en plus fréquemment, les odeurs de m.... du lisier.

L'exemple de l'arrière-pays breton, dont l'eau n'est plus potable, n'aura-t-il servi à rien ?

Mais au fait, quelle viande mangeons-nous ?

Plus de 95% de la viande de porc que nous consommons provient d'élevages industriels. Les animaux y sont élevés en claustration, sur caillebotis (c'est-à-dire sans aucune litière, sur du béton ajouré pour l’écoulement des déjections sous les animaux). Les truies, qui sont maintenues par des barres et des arceaux métalliques, ne peuvent donc pas marcher, et reçoivent en moyenne, au cours de leur élevage, une cinquantaine de piqûres de vaccins et produits divers. Les mâles sont castrés à vif, les canines coupées ou meulées et les queues coupées... Les animaux souffrent, ils sont traités « pire que des bêtes ». Ils doivent grossir vite en se dépensant peu, en bougeant très peu, et en ne sortant jamais.

Une autre démarche est possible : l'élevage de porcs selon la méthode de Thierry Schweitzer. A.R.B.R.E.S. s’est rendu sur place…

Porcherie Schweitzer
A l'occasion de notre engagement, nous avons découvert une autre méthode d'élevage, plus respectueux de l'environnement et surtout de l'animal, un élevage où ce dernier est traité correctement, sur de la paille et non sur des caillebotis, où il bénéficie d'espace, où les piqûres de vaccins et de médicaments sont réduits au minimum puisque le stress est absent et la santé de l'animal est ainsi préservée.

Le 13 septembre 2009, ARBRES a organisé la visite de l'élevage de Thierry Schweitzer à Schleithal près de Wissembourg. Une vingtaine d'adhérents sont venus, malgré une pluie battante. Dans cette ferme, les cochons sont élevés sur de la paille pour leur confort, ils disposent d'un espace pour se déplacer librement, et de bâtiments ouverts  pour respirer l’air frais. Ils ne semblent pas stressés, sont nourris avec des céréales, sans OGM ni antibiotiques, bref, le respect de l'animal est primordial.  Les animaux sont plus résistants, ils n'ont besoin de médicaments qu'exceptionnellement. Thierry Schweitzer a créé une marque à son nom, et quelques éleveurs l’ont rejoint et respectent le même cahier des charges.

La viande de ces animaux est vendue dans nos boucheries et supermarchés sous diverses appellations comme « Burehof » ou « Lieselheim », sympathiques dénominations du marketing agricole. La « ferme Litt » d'Ittenheim, par exemple, élève ses animaux de cette manière.

De nombreux magasins vendent les viandes et charcuteries au label Thierry Schweitzer : Cora Mundolsheim et Dorlisheim, Auchan Hautepierre, Schweighouse et Baggersee, Galeries gourmandes…. Thierry Schweitzer vient de mettre au point une gamme de charcuterie très complète, pour valoriser au mieux toutes les parties du porc, à des prix restant abordables. Les approvisionnements ne sont pas encore réguliers dans certains magasins, mais si la demande est plus forte, l'offre devrait suivre. Dans notre secteur, seul Super U à Wolfisheim commercialise régulièrement la charcuterie sous label Thierry Schweitzer. Nous espérons que Match Achenheim et MaxiCoop Holtzheim se joindront bientôt au groupe, et favoriseront ainsi notre approvisionnement dans les commerces de proximité. Nous avons attiré l'attention des responsables de ces commerces sur ce point.

Le conseil d’ARBRES : testez, en consommateur averti !

En attendant, nous ne pouvons que vous encourager à faire l'essai. La viande d'un animal élevé dans ces conditions a un autre goût : elle est tendre et savoureuse. Si les consommateurs favorisent des produits comme ceux de Schweitzer, ils encourageront le développement de cette filière d’élevage respectueuse du bien-être de l’animal.

 

 

 

 

 
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