Historique VLIO 1973-2014

La VLIO ( Voie de Liaison Inter-communale Ouest)

 Carte VLIO

I) présentation et historique de la VLIO :


en 1973 : C’est la naissance d’une route à caractéristiques autoroutières

Incorporée au SDAU avec ses 2 x 2 voies, elle est prévue avec une emprise de 50 mètres.
Elle devait soulager le trafic dans les communes concernées mais les mairies contestent alors le caractère autoroutier du projet.


De 1997 à 2000 : Réunions de concertation

De nombreuses réunions de concertation sont organisées, mais cependant toujours avec le même tracé.
Les avis négatifs souvent bien dominants ainsi que les contre-propositions n’ont été ni étudié, ni discuté et donc jamais retenu.
Seul le projet VLIO de référence était discutable sans aucune autre alternative possible


23 octobre 2000 : Enquête publique

l’enquête publique pour l’utilité publique du projet suscite un intérêt manifeste de la population mais aussi des administrations(DDASS)


29 novembre 2001 : plusieurs recours en annulation contre l’arrêté préfectoral  prononçant la DUP, sont déposés au Tribunal Administratif de Strasbourg (voir §5)


6 mai 2003 : la DUP est annulée par le Tribunal Administratif

Pour des raisons sanitaires et en vertu du principe de précaution, leTribunal Administratif de Strasbourg annule la DUP de cette voie:
En effet  la VLIO passe dans la zone de captage des eaux à Oberhausbergen.
Cette décision juridique est exécutoire et remet à plat tout le dossier VLIO (voir §6)


Octobre 2006 : Une réunion préalable de concertation pour une « VLIO bis » !

Le Conseil Général du Bas-Rhin avec comme partenaire la Communauté Urbaine de Strasbourg. organisent une réunion préalable de concertation pour une « VLIO bis »au tracé identique à la première : un projet à l’aspect plutôt ludique que technique
Ce même projet VLIO dont la déclaration d’utilité publique a été annulée, vient d’être relancé avec des croquis et des données inconsistants et indéchiffrables, plutôt du style bande dessinée.
Le public a manifesté une importante opposition lors de ces réunions qui ont été qualifiées comme préalables et de concertation et se terminaient le 17 novembre 2006.


De 2007 à 2011 : Le projet routier est au point mort mais pas enterré

-Le projet routier est toujours en sommeil ,avec situation routière locale guère brillante :
-un trafic pendulaire important vers Strasbourg avec 8 routes départementales en étoile aggravé par le doublement de la population locale entre deux décennies
-des mouvements Nord-Sud plus importants depuis la nouvelle liaison aéroportuaire jusqu’au nouveau pont de Bischheim (2×2 voies) et les encombrements de l’A35 notamment aux heures de pointe.

-des lignes de  tram inexistantes ou incomplètes.

-de nouveaux aménagements en étude, puis annulés (foire européenne, euro-stadium…) réalisés à ce jour (Zénith) suivis d’autres (logements sociaux, zones commerciales, bureaux) pourront compliquer la circulation routière locale déjà difficile.

-Une prochaine enquête publique est cependant envisagée par les collectivités en juin ou septembre prochain !



II) Les dénominations successives:

Au fil des années cette voie toujours en projet a eu une succession de dénominations comme suit :

Voie importante, voie rapide destinée à la liaison entre les autoroutes A35 et A4, voie de liaison Nord-sud, 2e rocade Ouest, VLIO, RD 4OO et à nouveau VLIO

VLIO signifie « Voie de liaison intercommunale ouest ».


III) Quelle vocation pour la VLIO ?

La VLIO avait pour but de soulager le trafic dans les communes concernées.


IV) L’enquête publique du 23 octobre 2000 

Une enquête publique s’est déroulée du 23 octobre au 1er décembre 2000. Le rapport de la Commission d’enquête comportait 81 pages et l’avis motivé comprenait 31 pages. Il était dit dans l’analyse quantitative que « le public a manifestement témoigné pour cette enquête un intérêt inhabituel ».
Ce rapport précisait « qu’il s’est avéré nécessaire d’ouvrir 11 registres d’enquête avec 96 feuillets chacun pour Oberhausbergen et Eckbolsheim ce qui est exceptionnel à comparer aux  6 ou 7 feuillets des registres habituels. »
En page 29 du rapport il était dit que « la commission dénombre au total 331 observations, suggestions ou contre-propositions différentes ».
Après étude, il a été constaté que 1.835 annotations de particuliers et 23 expressions d’associations dont chacune compte pour une voix ont été inscrites à l’encontre du projet.


V) Recours en annulation du 16 mai 2003

Suite aux requêtes de trois associations, de 5 particuliers et de la municipalité d’Oberhausbergen et surtout de la DASS, avec le dépôt d’un volumineux rapport sanitaire, le Tribunal Administratif de Strasbourg, annule le 16 mai 2003 l’arrêté du 29 novembre 2001 du Préfet du Bas-Rhin qui avait déclaré la VLIO d’utilité publique.
Ce jugement n’ayant pas été frappé d’appel, sa décision devint exécutoire.
En conséquence, la procédure doit dorénavant repartir à zéro pour une nouvelle étude éventuelle du dossier


VI) La raison : l’alimentation en eau potable de la CUS par le puits capteur

L’enquête publique du 21 février 2000 au 22 mars 2000 a été fortement contestée par dés particuliers et des associations mais aussi par des administrations.
En l’an 2000, la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales) a remis à la préfecture et aux autorités départementales une étude sur 22 pages et 7 plans qui expose son opposition formelle au passage de la V.L.I.O. dans les zones de captage des eaux d’OBERHAUSBERGEN et de WOLFISHEIM, le tout basé sur un grand nombre de données techniques, sur l’avis de l’hydrogéologue agrée, désigné par arrêté préfectoral du 03.02.2000 et sur une consultation du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France.

Ce rapport parle du nouveau captage de PLOBSHEIM mais les débits en augmentation continue et la grande vulnérabilité qui plane sur le captage du Polygone et sur certains autres ne permettent pas de supprimer le captage d’OBERHAUSBERGEN qui produit 20 % de l’eau au réseau actuel et il est dit: « son maintient est capital et son remplacement ne peut être envisagé ».
Concernant la géomembrane ce rapport dit: « la pérennité de la géomembrane sur 20 ou 30 ans n’est pas garantie »,  et l’hydrogéologue agrée a spécifié que « le contrôle de l’efficacité de la géomembrane avec le temps parait aléatoire ». Et plus loin il est dit: «  la mise en place de capteurs sous la géomembrane pour vérifier son étanchéité est inutile et inefficace ».
Sur demande de la C.U.S. une étude a été réalisée par le bureau ANTEA qui dit en page 26/46 du rapport: « compte-tenu de l’intérêt vital pour la collectivité de ces ouvrages, aucun risque supplémentaire de nature à compromettre la qualité de la nappe alluviale ne peut être  accepté ».
Le bureau ANTEA propose en plus des dispositifs de sécurisation de la voie routière D 63 jusqu’à HOLTZHEIM, en vue de la protection des deux captages futurs de WOLFISHEIM dont la capacité prévue est de 500 m3/h et à terme de 1.000 m3/h.

Les risques sismiques dans la zone fragilisent également le sous-sol:
Selon des documents établis par l’UNIVERSITE LOUIS PASTEUR (Strasbourg 1) et le RESEAU NATIONAL DE SURVEILLANCE SISMIQUE, 24 tremblements de terre avec magnitudes de 1,2 à 3,1 ont été enregistrés entre les années 1990 et 2000 dans les zones proches du puits de captage d’OBERHAUSBERGEN et de celui prévu à WOLFISHEIM.
Ces données ont été communiquées ultérieurement aux autorités (en 2002).Le décret N° 91-481 du 14 mai 1991 classe notre région en zone de forte sismicité de la France.
En conclusion, transférer une station de captage d’eau avec toutes ses dispositions et compléments nécessaires est d’une autre complexité que de modifier un projet sur le papier !!


VII) Quel coût pour la VLIO ?

La VLIO avec ses ouvrages d’art, ses passages en zone inondable, les réfections de conduites et d’accès, les protections acoustiques, les acquisitions foncières et l’aménagement de 15 croisements sont estimés pour environ 75 Millions d’euros.

Elle serait fractionnée en 2 tranches à la prochaine enquête publique :
une première moitié de la partie Nord de HOLTZHEIM jusqu’à l’autoroute de Hautepierre ou OBERHAUSBERGEN dans la zone de captage des eaux,
 et la seconde tranche rejoindrait cette dernière zone jusqu’à BISCHHEIM.

Compte tenu des projets immobiliers au nord de l’autoroute de Hautepierre, et de l’augmentation du trafic local, ARBRES s’attend à une nouvelle enquête publique DUP pour la desserte routière de cette nouvelle zone d’activité.

 

VIII) Position de ARBRES sur le projet VLIO antérieur au projet 2014 

Le projet VLIO, non révisé de la précédente enquête avec ses 50 mètres d’emprise, n’est foncièrement pas acceptable car il engendrera un trafic de transit supplémentaire et donc une pollution de l’air aggravée qui est contraire aux directives du Grenelle de l’Environnement.
Un simple contournement de village sans continuité, comme le COW, serait une solution acceptable pour soulager les riverains de la D63, notamment si les autres alternatives de transports sont épuisées.

IX) Septembre et octobre 2014 – Enquêtes publiques – donnons notre avis !

photo panneau enquetes VLIO 2014

Les enquêtes préalables à la déclaration d’utilité publique se déroulent du lundi 15 septembre au vendredi 17 octobre 2014, dans les mairies de Eckbolsheim, Holtzheim, Lingolsheim, et Wolfisheim (dossier à consulter en mairie).

Ces enquêtes sont pour vous et nous l’occasion d’agir et de faire part de nos objections sur ce projet, que ARBRES ne cautionne pas en l’état.

Dossier  consultable sur : http://www.bas-rhin.fr/transports/enquete-publique-vlio-sud/participez-a-l-enquete-publique.

La VLIO est un projet que nous connaissons bien depuis de nombreuses années et qui nous pose un sérieux problème de positionnement. En tant qu’association proche de ses adhérents, nous sommes à leur écoute et nous relayons leurs attentes auprès de nos interlocuteurs publics.

Or parmi nos membres le débat reste ouvert car nous rassemblons autant de “pour” que de “contre” cette route … Et tous ont des arguments aussi pertinents et respectables que les vôtres.

Il est clair que ce type d’infrastructure, favorisant l’utilisation de la voiture, est dépassé, et ne va pas dans le sens d’une urbanisation favorisant les déplacements doux et collectifs. Mais il faut comprendre ceux qui voudraient se réapproprier le centre des villages en détournant le flux automobile, au moins en partie.

Le sujet est complexe et ne peut pas être traité en quelques lignes.

Depuis plusieurs années, nous constatons que tous les projets d’aménagement cyclable, piéton ou de transports en commun, sont figés et conditionnés par la VLIO.

Cette route sert de prétexte, souvent hypocrite, pour ne rien faire. La seule initiative qui n’a pas attendu la réalisation de la VLIO est celle du maire d’Eckbolsheim avec son sens interdit dans l’objectif à peine caché d’excéder la population.

Bien que nous soyons réticents à ce type d’infrastructure, nous savons depuis longtemps que cette VLIO finirait par se faire. Alors avons beaucoup travaillé pour qu’elle se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Ainsi, nous ne nous réjouissons pas de voir apparaitre une nouvelle route qui sera rapidement saturée, et qui ne va pas dans le sens souhaitable d’un report des déplacements vers les transports doux et en commun. Pas plus que des changements de cadre de vie que va apporter l’urbanisation complète de la zone située entre Wolfisheim et Eckbolsheim, du Muhlbach à l’autoroute.

Par contre, cela a permis une étude approfondie de la faune et de la flore du Ried de la Bruche, avec une reconnaissance de son importance et une garantie de sa préservation. De même, nous allons enfin avoir un vrai réseau de pistes cyclables entre Eckbolsheim, Lingolsheim, Holtzheim et Wolfisheim, et un probable réaménagement des centres des villages pour les rendre aux piétons.

Comme vous le constatez, nous ne pouvons vous apporter un avis tranché. Nous ne pouvons que vous conseiller d’écrire votre avis dans le registre en mairie.

Et si vous désirez rejoindre notre association, vous êtes bienvenus.